dimanche 7 mars 2010

'L'enfant cheval' de Rupert Isaacson


L’enfant cheval. La quête d’un père aux confins du monde pour guérir son fils autiste. En 2004, Rupert Isaacson et son épouse Kristin apprennent que leur fils Rowan est autiste. Il a 2 ans et demi. Kristin, professeur de psychologie, se jette à corps perdu dans la recherche de méthodes de soins... Ils finissent par tenter d’en adapter une, l’ABA (Analyse appliquée du comportement, basée sur une stimulation intensive de l’enfant). Mais les exercices ne conviennent pas à Rowan. Au cours d’une promenade dans les bois derrière chez eux, Rowan se met à courir vers un groupe de chevaux, franchit la barrière et se couche en riant au pied de la jument dominante. Ce grand cheval appartenant au voisin a son petit caractère. On la dit «grognon ». Mais ce jour-là, au lieu de s’agacer, Betsie incline doucement la tête vers l’enfant. Chez les chevaux, c’est un signe de soumission. C’était comme si l’enfant pouvait communiquer avec l’animal. Rupert va attendre quelques semaines pour lui demander s’il veut monter sur son dos, question à laquelle Rowan répond : »Monter ! ». Au moment où il monte sur la jument, une porte s’ouvre. Un autre événement inattendu va se produire dans le même temps. Grâce à son métier de journaliste, Rupert Isaacson est souvent conduit à travailler avec des minorités qui se battent pour conserver leur territoire (il a d’ailleurs publié un premier livre intitulé « Les derniers hommes du Kalahari : rencontre avec les Bushmen »). Au moment où il apprend que son fils est autiste, il doit accompagner à Washington une délégation de chasseurs-cueilleurs Bushmen du Botswana (Afrique). Il emmène Rowan avec lui. Deux ou trois de ces hommes sont guérisseurs et pendant les quelques jours passés avec eux, l’enfant change. Il s’emporte moins, prononce des paroles originales (et non des répétitions caractéristiques des autistes), commence à montrer ses jouets aux autres. En revanche, lorsque les Bushmen partent, il retombe dans la profondeur de ses symptômes...À Partir de ce moment, Rupert se met à chercher un endroit sur la planète où il y a beaucoup de chevaux et de chamans... La Mongolie...Il décide d’emmener Rowan là-bas, parvient à convaincre son épouse beaucoup moins enthousiaste, et toute la famille s’envole pour la Mongolie. Là-bas, Rowan va passer devant les chamans, monter sur des chevaux (et même sur un renne !), nager dans des eaux sacrées. Le petit garçon va progresser, régresser, progresser à nouveau...Il est très entouré et personne ne le juge. « L’attitude face aux différences n’est pas la même d’une société à l’autre. Pour les Bushmen, par exemple, si une personne est différente, c’est qu’elle aura un rôle différent à jouer dans la société ». À son retour au Texas, Rowan n’est plus tout à fait le même petit garçon. « Il est parti autiste. Il est rentré autiste. Mais il était guéri des 3 grands dysfonctionnements liés à son handicap. Il était incontinent, il souffrait de grandes rages émotionnelles, il ne pouvait pas trouver d’amis. Ces trois problèmes ont disparu. Rowan a changé. Aujourd’hui c’est un garçon heureux et sociable. Un enfant comme les autres, mais avec une autre manière d’être ». Bouleversant témoignage d’amour, ce livre est une lumière d’espoir pour tous les parents qui ont à faire face à ce handicap, y compris la réflexion du Dr Simon Baron-Cohen, éminent spécialiste de l’autisme en Grande-Bretagne : « Peut-être qu’à l’avenir, la question de savoir s’il faut ou non guérir de l’autisme sera de plus en plus sujet à controverse. Peut-être l’autisme est-il un type de personnalité ». « L’enfant cheval » de Rupert Isaacson, chez Albin Michel, 397 p., 20,90€

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